La nature et moi...
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Deux longs mois se sont écoulés, c'est avec un sac à dos bien chargé que je prend la direction de ma cabane la haut dans la forêt.
Samedi 19 février 2022, c'est parti pour 3 jours face à face avec moi même.
Départ du Villard, le temps n'est pas top, bien gris, je prends la direction de Pralognan (hameau de St André) puis le chemin passant par le paravalanche pour rejoindre la piste ou il faudra chausser les raquettes.
1h30 à peine, me voilà arrivé à la Sommière, ma cabane, mon chalet, mon p'tit paradis à moi.
Au bout du chemin, j'aperçois le chalet, plus de neige sur le toit, c'est déjà ça , une corvée en moins.
J'aime ce moment où j'ouvre la porte et redécouvrir son intérieur, je ne peux m'empêcher de lâcher un " salut la cabane c'est moi".
Cette odeur qui m'est familière , chaque choses à leurs places comme je les ai laissées lors de ma dernière venue.
Allez que du bonheur.
La montagne d'en face.
Je passe l'après midi à bricoler, flâner, rêver, le silence est mon seul compagnon , avec le poêle qui crépite à l'intérieur.
Le soleil fait une apparition furtive en fin d'après midi, juste pour m'offrir un joli couché de soleil et de belles lumières que je capture avec mon boîtier.
La nuit tombe, je rentre au chaud, lecture, repas musique seront mes compagnons jusqu'au couché ou Morphée me trendra ses bras.
Dimanche 20 février 2022,
Le réveil est frisquet, dehors il fait beau, petit dej, puis au programme balade tranquille sur les chemins de mon enfance.
Direction l'Arpont puis ses hauteurs.
Je quitte mon appartement 5000 étoiles, en direction du Riamet.
Deux chevreuils couperont la piste devant moi pour disparaître dans la forêt, pas eu le temps de dégainer mon boîtier.
Le Riamet atteint, direction l'Arpont avec ces 200 metres de dénivelé en 4 courbes , bien raide le chemin, mais c'est celui de mon enfance, celui qui m'a forgé mes pattes.
La Haut que du bonheur , comme à chaque fois, quand on sort de la forêt pour découvrir la montagne, la croix Renaud , évidemment, puis le chalet ou son inscrits mes souvenirs de gosse.
Puis après une petite bute, on atteint un plateau magnifique , un chalet de pierre et de bois récemment retapé dans les règles de l'art, j'y croiserai le cousin d'ailleurs, seul être humain pendant ces trois jours.
Puis une vue splendide sur les Aiguilles d'Arves, mais pas que, Bissorte, le cheval Blanc, Valmenier, Valfrejus etc.
Les aiguilles, prises dans les nuages dans un premier temps, puis rien que pour moi elles se dévoilent , la chance.
J'irai voir plus haut si quelques chamois ou autres y nichent, mais rien à part quelques rochers qui tombent de plus haut.
Je profite de tout ça, posé sur un rocher plat, les jumelles autour du cou, l'appareil photo dans une main, les yeux la haut perdus sur les sommets.
Puis je reprends le chemin du retour, jusqu'au Riamet, et son chalet, ou j'y casserai la croûte et ou je profite pleinement du soleil.
De retour chez moi, le bois dans le poêle c'est consumer, comme le temps d'ailleurs, je brasse les braises et rajoute du petit bois, c'est reparti, le feu renaît.
Comme la veille la soirée sera même.
Dans la nuit , un bruit me réveille, c'est les volets qui tapent sous l'effet du vent, je sors de mon sarcophage de tissu pour les fermer.
Un vent chargé de neige me pénètre le visage , en temps normal j'aurai dit , j'en prends plein la gueule, mais croyez moi ça réveille, allez trouver le sommeil après ça.
Au petit matin, le vent souffle très fort, une petite tempête de neige en fait.
Petit dej, je range tout comme à mon habitude, un petit mot sur le carnet, puis il faut redescendre chez les fous.
Dehors la neige tombe à l'horizontale, je suis obligé d'enlever mes lunettes.
Je marche tel un zombie, balancé par la tempête, puis quelques passages en forêt m'abrite un peu.
Je rejoins la voiture, qui est givré par la neige, je n'arrive même pas à changer mes vêtements, tellement ça souffle, je le ferai plus bas .
La route est blanche aucune visibilité, la tempête bas son plein.
Je retrouve plus bas vers St Michel le calme et la civilisation.
Voilà que se termine ces trois jours loin de ce monde malade, meurtri, triste...
Il est bon de prendre des moments comme ça, revenir au chose simple, à nos origines, ou la gamelle d'eau chaude à remplacer la douche, ou un bouquin la télé, une bougie l'électricité, le silence le bruit, la sérénité le monde de fous.
Juste moi et la nature, prendre le temps de vivre, de se retrouver.
A bientôt.
Gilles Mollard.

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